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<title>Last posts on pays légal.</title>
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<updated>2026-06-11T16:19:24+02:00</updated>
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<name>J.-P. Chauvin</name>
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<title>Quand la République jette de l'huile sur le feu social...</title>
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<updated>2020-01-06T23:01:32+01:00</updated>
<published>2020-01-06T23:01:32+01:00</published>
<summary>  Le débat sur la question des retraites sert-il encore à quelque...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le débat sur la question des retraites sert-il encore à quelque chose&amp;nbsp;? C’est la réaction désabusée de quelques uns des acteurs de la scène politique et syndicale quand ils ont appris, par des indiscrétions vite dévoilées par la presse de ce lundi soir, que le projet de loi a déjà été envoyé au Conseil d’Etat, avant même que les partenaires sociaux soient reçus mardi par le gouvernement au ministère du Travail… Une façon de dire aux grévistes et aux opposants à la réforme que contester celle-ci n’a aucun sens et que, en définitive, la cause est entendue&amp;nbsp;: en fait, si l’on en croit Yves Veyrier, secrétaire général de Force Ouvrière, mais aussi les responsables de la CFTC, le projet devait déjà être écrit avant même les vacances de Noël, ce qui, si cela se confirme, montre le bien peu de cas que le gouvernement fait des partenaires sociaux et de l’idée même de négociation… Bien sûr, les aménagements (considérés comme des concessions coûteuses par les plus libéraux) à la réforme démontrent que celle-ci n’est plus tout à fait universelle puisque les militaires, les policiers, les personnels du secteur aéronautique, etc., conserveront des régimes particuliers (preuve s’il en est que la logique corporative n’est pas tout à fait négligée par le gouvernement, sans doute par la simple force des choses…). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ainsi, le gouvernement, pressé par la Commission européenne qui appelle à la poursuite des réformes (celle des retraites étant une étape majeure), veut accélérer et ne rien céder désormais à la grève elle-même, et cela passe par une forme d’assurance affirmée qui semble confiner au mépris de toute position ou événement protestataire, au risque d’agacer un peu plus les syndicalistes et nombre de salariés, voire de les «&amp;nbsp;radicaliser&amp;nbsp;». Mais &lt;strong&gt;n’y a-t-il pas une sorte de jeu dangereux de la République, une sorte de «&amp;nbsp;stratégie du choc&amp;nbsp;»&lt;/strong&gt; (dénoncée il y a quelques années par Naomie Klein dans un ouvrage homonyme) &lt;strong&gt;qui creuserait un peu plus le fossé entre les différentes classes et «&amp;nbsp;blocs&amp;nbsp;»&lt;/strong&gt; (élitaire contre populaire, ou populiste), selon la terminologie de Jérôme Sainte-Marie&amp;nbsp;? Je le crois et je le crains&amp;nbsp;! La même stratégie a été largement utilisée depuis le début du soulèvement des Gilets Jaunes, avec les provocations verbales des partisans du pouvoir en place (contre ceux «&amp;nbsp;qui fument des clopes et roulent au diesel&amp;nbsp;», comme le clamait M. Griveaux, alors porte-parole du gouvernement), et &lt;strong&gt;la violence d’une répression qui n’a pas pour vocation de rétablir l’ordre, mais de maintenir le «&amp;nbsp;désordre établi&amp;nbsp;»&lt;/strong&gt;, ce qui n’a pas exactement le même sens. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Alors même que l’insécurité progresse et que le nombre d’incivilités et d’actes de délinquance ne cesse d’augmenter dans notre pays, autant que la violence des agressions de rue, &lt;strong&gt;les forces de l’ordre sont «&amp;nbsp;monopolisées&amp;nbsp;» par le gouvernement pour empêcher l’accès des manifestants aux centres de la République métropolisée&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: les hypercentres sont désormais interdits aux manifestations politiques dans de nombreuses villes, ce qui n’empêche pas, d’ailleurs, la dévastation par des bandes organisées (et peu inquiétées, en définitive, ce qui peut amener à se poser quelques questions…) de nombreux commerces sur les parcours forcés et balisés par les autorités préfectorales, au grand dam de leurs gérants, impuissants et, eux, mal protégés par des forces de l’ordre qui semblent n’intervenir «&amp;nbsp;qu’après coup&amp;nbsp;», comme me le confiaient, dépités, des commerçants de l’avenue de la Liberté à Rennes… «&amp;nbsp;&lt;strong&gt;Pourquoi la police ne protège-t-elle pas nos boutiques alors que nous payons aussi nos impôts et de lourdes charges&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;&lt;strong&gt;?&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;», m’a-t-on dit l’autre jour, devant les panneaux de bois qui remplaçaient les vitrines défoncées d’une petite agence immobilière&amp;nbsp;? Et le marchand de journaux d’à côté me confiait que lui et ses voisins s’étaient sentis abandonnés face à la horde de casseurs qui, de noir vêtus, n’avaient plus grand-chose à voir avec une contestation politique, mais bien plutôt nihiliste. Or, &lt;strong&gt;toute contestation, si elle veut être reconnue légitime, doit aussi proposer, prôner, discuter, et c’est cela qui lui donnera ses lettres de noblesse ou la condamnera&lt;/strong&gt;, selon les arguments et les fondations idéologiques qu’elle valorisera&amp;nbsp;: &lt;strong&gt;toute contestation n’est pas légitime en soi, mais elle doit pouvoir s’exprimer et chercher à convaincre pour vaincre, sinon elle n’est qu’une usurpation supplémentaire, et doit être, à son tour, dénoncée et éventuellement combattue en politique.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Cette &lt;strong&gt;stratégie gouvernementale du pourrissement de la situation et de l’exacerbation des conflits et des violences&lt;/strong&gt; (soit par la répression politique, soit par le laisser-aller sécuritaire) est néfaste pour l’unité du pays et je le constate chaque jour dans les discussions au comptoir ou sur les forums électroniques&amp;nbsp;: là où il faudrait parler avec mesure et discuter sans forcément abandonner la passion mais en cherchant la raison, &lt;strong&gt;le gouvernement préfère passer en force et brusquer ses adversaires&lt;/strong&gt; quand il faudrait les amadouer et leur reconnaître quelques bonnes raisons de contester le projet de réforme des retraites. Là où il devrait y avoir vrai débat et confrontation des propositions et projets, il n’y a que la logique de l’affrontement et de la mauvaise foi qui, d’ailleurs, n’est pas que l’apanage du gouvernement et de ses partisans, certains syndicats s’enfonçant dans une démagogie qui n’est pas plus honorable que les mensonges ou les approximations gouvernementales et présidentielles. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Il y aurait tant à dire, pourtant, et tant à proposer&amp;nbsp;: non pas un régime universel mais bien plutôt un régime juste qui reconnaîtrait les particularités propres à chaque métier et secteur socio-professionnel, sans méconnaître les traditions sociales et sans négliger les questions financières&amp;nbsp;; un système qui autorise et valorise l’existence des caisses autonomes par profession au lieu de vouloir les confisquer pour des raisons purement financières&amp;nbsp;; un Etat qui prône une politique de soutien à la natalité et d’intégration au Travail de tous quand le chômage reste un mal récurrent, et qui valorise le travailleur plutôt que le spéculateur… Surtout, un Etat qui joue son rôle de grand arbitre au-dessus des groupes de pression et celui de fédérateur des énergies sociales françaises, et qui ne mette pas constamment de l’huile sur le feu&amp;nbsp;; un Etat qui pense aux hommes et au bien commun du pays, au lieu de jeter les uns contre les autres au bénéfice des grandes féodalités financières et économiques&amp;nbsp;; un Etat qui pense France avant de parler Monde…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Car le mépris des «&amp;nbsp;princes qui nous gouvernent&amp;nbsp;» (le «&amp;nbsp;pays légal&amp;nbsp;») à l’égard des travailleurs, des métiers et des peuples de France (le «&amp;nbsp;pays réel&amp;nbsp;») pourrait bien, en versant dans cette démesure (1) qui caractérise désormais les jeux pervers de la mondialisation et les rétributions des plus riches, alimenter une colère difficile à éteindre et dont les effets pourraient être encore plus dévastateurs que les feux du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; décembre 2018&amp;nbsp;! N’oublions jamais, et le gouvernement ferait bien aussi de s’en rappeler, que &lt;strong&gt;la politique du pire est souvent la pire des politiques&lt;/strong&gt;, et qu’elle ouvre parfois des boîtes de Pandore qu’il est difficile de refermer. Cela mérite justement une réponse éminemment politique, dont il n’est pas sûr qu’elle soit ou, même, qu’elle puisse être institutionnellement «&amp;nbsp;républicaine&amp;nbsp;»…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Notes&amp;nbsp;: (1)&amp;nbsp;: &lt;strong&gt;&lt;em&gt;l’hubris&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; dénoncée par les Grecs anciens, et qui aveugle ceux qu’elle veut perdre, en fait…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<name>J.-P. Chauvin</name>
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<title>Pourquoi parler d'Europe aujourd'hui ?</title>
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<updated>2019-05-14T20:47:27+02:00</updated>
<published>2019-05-14T20:47:27+02:00</published>
<summary>  Les élections européennes se dérouleront dans moins d’une quinzaine de...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Les élections européennes se dérouleront dans moins d’une quinzaine de jours et le moins que l’on puisse dire, c’est que la campagne ne passionne guère les foules, et ce qui est vrai en France l’est aussi chez nos voisins membres de l’Union Européenne, fusse pour quelques semaines seulement encore… Le Royaume-Uni enverra, si l’on en croit les sondages, une majorité de députés favorables au Brexit, ce qui relativise fortement les discours évoquant une «&amp;nbsp;foucade&amp;nbsp;» référendaire en juin 2016. En France, en revanche, les élections confirmeront sans doute la complexité du paysage politique malgré la tentative présidentielle de ramener le débat à une simple confrontation entre «&amp;nbsp;nationalistes&amp;nbsp;» et «&amp;nbsp;progressistes&amp;nbsp;», des termes dont il serait pourtant bien utile de rappeler et de préciser les définitions, les contours et les ambiguïtés. Mais cette confrontation, qui ressemble plutôt à un dialogue de sourds, se fait sans joie ni émoi particulier&amp;nbsp;: l’abstention dominera sans n’avoir aucune influence concrète, comme c’est le cas depuis une trentaine d’années pour ce scrutin. «&amp;nbsp;Les absents ont toujours tort&amp;nbsp;», dit le proverbe, mais les suffrages exprimés sont-ils plus écoutés au-delà des commentaires du soir et du lendemain&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Et pourtant&amp;nbsp;! Je me souviens de l’engouement qu’avaient suscité les premières élections de l’assemblée européenne au suffrage universel. Les grandes affiches du dessinateur Folon présentant une Europe prenant son envol comme un grand oiseau côtoyaient celles valorisant la statue de la victoire de Samothrace tandis que l’enthousiasme saisissait les partis qui semblaient trouver dans l’idéal européen un nouveau souffle. C’était une «&amp;nbsp;première fois&amp;nbsp;» pleine de promesses et d’illusions&amp;nbsp;: la réalité étouffera vite l’espoir, et les maux de la démocratie représentative, déjà présents au niveau des nations européennes, se reproduiront à l’échelle de ce que l’on n’appellera l’Union Européenne qu’à partir de 1993. Le rejet du traité constitutionnel européen en 2005 par les électeurs français et néerlandais (pour des raisons d’ailleurs fort différentes), puis son contournement par les gouvernements et les parlements des pays européens, finiront de discréditer la démocratie européenne aux yeux des électeurs, et éloigneront un peu plus les Français des urnes, en un divorce marquant entre le pays réel et le pays électoral, ce «&amp;nbsp;pays légal&amp;nbsp;» dont la base se rétrécit sans qu’il s’en inquiète, préservé par le système lui-même dont «&amp;nbsp;l’inertie&amp;nbsp;» assure la survie quelles que soient les alternances ou les surprises politiciennes… L’arrivée d’un président «&amp;nbsp;inattendu&amp;nbsp;» à la tête de la République française en mai 2017 n’a fondamentalement rien changé au système en place, et «&amp;nbsp;le nouveau monde&amp;nbsp;» ressemble furieusement à «&amp;nbsp;l’ancien&amp;nbsp;», en ce domaine, avec quelques vagues nuances.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Les élections du 26 mai prochain verront en tout cas s’affronter trente-quatre listes de toutes les tendances possibles, y compris royaliste, sans que l’on sache vraiment si les débats les plus nécessaires seront abordés, et si les idées évoquées, bonnes ou mauvaises, dépasseront le petit cercle des commentateurs politiques et celui, moins restreint, des militants des listes en lice. Peut-on se satisfaire de ce constat&amp;nbsp;? Je ne crois pas, et il me semble, qu’une fois de plus, il faudra emprunter des chemins de traverse pour retrouver la voie de la passion politique, celle qui bouscule et qui fonde, celle qui peut ouvrir des perspectives, non pour le mandat court d’un député européen, mais pour les générations qui sont, qui viennent et qui viendront. Il est des enjeux que l’on ne peut méconnaître&amp;nbsp;: autour du souci environnemental et de ses diverses déclinaisons&amp;nbsp;; autour de la grande question de la guerre et de la paix (les deux ne pouvant être disjointes)&amp;nbsp;; autour de la pérennité et de la transmission renouvelée d’une civilisation française qui ne peut être figée sous peine de disparaître, et du dialogue incessant avec les civilisations voisines&amp;nbsp;; autour de la place et du rôle des hommes dans le processus économique et de leurs implications sociales&amp;nbsp;; etc. Autant d’enjeux qui, aujourd’hui, ne sont qu’effleurés (dans le meilleur des cas) quand ils devraient irriguer les réflexions et les projets des listes et des candidats au Parlement européen, même s’il faut bien reconnaître que celui-ci n’a guère d’autre pouvoir que de discuter des textes préparés ailleurs et par d’autres, et de les voter ou de les refuser… Mais qu’importe&amp;nbsp;? Le débat électoral n’est-il pas là, justement, pour dépasser les seules contingences électorales et évoquer d’autres fondations possibles&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Les royalistes sont gens de longue mémoire, et, s’ils peuvent paraître encore loin de peser sur les débats en cours, il ne leur est pas interdit de réfléchir et de proposer, autant lors de la joute électorale que dans ses prolongements et ses éloignements. L’Europe, ou ce que l’on appelle ainsi, mérite, au-delà des polémiques, un vrai engagement politique, non pour seulement la défaire ou la défendre, mais pour en concevoir, sans &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt; les formes les meilleures pour relever les défis de l’actualité comme de «&amp;nbsp;l’avenir que tout esprit bien né souhaite à sa patrie&amp;nbsp;» et aux générations qui y vivent et la poursuivent par leurs actions et combats. Elle ne peut négliger ce qui fonde aujourd’hui l’enracinement des familles et des personnes, et que l’on nomme «&amp;nbsp;les nations&amp;nbsp;» qui, disons-le sans peur, peuvent se conjuguer sans se confondre. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Verdana',sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<name>J.-P. Chauvin</name>
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<title>Les ambiguïtés de M. Fillon.</title>
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<updated>2016-12-05T18:36:28+01:00</updated>
<published>2016-12-05T18:36:28+01:00</published>
<summary>  En quelques jours, le paysage électoral s'est éclairci&amp;nbsp;: des figures...</summary>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;En quelques jours, le paysage électoral s'est éclairci&amp;nbsp;: des figures habituelles de la politique française, presque familières depuis trois décennies, ont disparu. Qu'elles soient détestées ou aimées par l'opinion publique, pour de bonnes ou de mauvaises raisons, elles ont été «&amp;nbsp;remerciées&amp;nbsp;», soit par le suffrage, soit par le sondage... L'actuel locataire du palais de Mme de Pompadour, lui-même, a préféré (avec le concours à peine discret de son Premier ministre) abandonner l'espoir d'une réélection et laisser le champ libre à d'autres qui se partageront les dépouilles d'une Gauche qui a, depuis longtemps, perdu trop de ses propres repères pour rester ou redevenir crédible.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;Le royaliste que je suis pourrait se réjouir du discrédit d'une Gauche qu'il a longtemps combattue et qui lui semble désormais trop peu sociale pour mériter d'être sauvée en l'état. Mais je ne me résous pas non plus à soutenir une Droite qui, elle-même, a oublié ses traditions et ses devoirs devant les peuples de France et devant la nation historique&amp;nbsp;: alors que M. Fillon a attiré une part importante du vote catholique provincial, celui-ci, malgré son enracinement sarthois, ne semble guère partager les valeurs sociales de l’Église et il ne semble pas avoir lu l'encyclique Laudato Si', ce manifeste de l'écologie intégrale et pontificale... Son libéralisme si peu original et son soutien au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes n'ont pas grand-chose à voir avec le message du Pape ni avec celui, proche, des traditionalistes politiques&amp;nbsp;: &lt;strong&gt;M. Fillon n'est ni Albert de Mun ni Georges Bernanos&amp;nbsp;!&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;Bien sûr, son programme politique et diplomatique peut contenir quelques éléments intéressants, tout comme ceux de MM. Macron ou Mélenchon (entre autres), et nous ne les bouderons pas lorsqu'ils seront évoqués, de la défense de la place de la France en Europe ou de la nécessité de rouvrir quelques perspectives avec la Russie. Mais &lt;strong&gt;les bonnes intentions ne font pas un paradis, et la question sociale ne peut être sacrifiée sur l'autel de l'économie, trop sauvage quand on oublie qu'elle peut l'être avec les plus faibles.&lt;/strong&gt; Le report promis de l'âge de départ à la retraite à 65 ans (mais M. Fillon souhaitait en 2011 un alignement sur le souhait allemand et européen de... 67 ans) n'est pas, entre autres propositions, une bonne idée ni, même, une nécessité si l'on parle économies. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;Au moment où les peuples marquent, non pas leur peur, mais leur colère à l'égard de la mondialisation si peu sociale par essence même, il faut entendre cette insurrection démocratique, &lt;strong&gt;ces bulletins qui sont autant de pavés jetés au fond des urnes&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: M. Fillon se méprendrait s'il croyait que les Français sont disposés à tout supporter pour en finir avec une dette qui est, d'abord, de la responsabilité des gouvernements qui se sont succédé depuis tant de décennies et d'une Union européenne qui n'est plus considérée que comme une sorte de Père Fouettard en col blanc. &lt;strong&gt;Vouloir culpabiliser les citoyens sans inculper les dirigeants et agents électoraux du «&amp;nbsp;Pays légal&amp;nbsp;» européen et républicain serait dangereux et fort malheureux.&lt;/strong&gt; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;Cela ne signifie pas qu'il ne faille rien faire ni que les populations ne doivent pas, elles aussi, changer de pratique économique et de consommation, mais plutôt qu'il vaut mieux, d'abord, donner l'exemple d'une bonne et juste gestion quand l'on incarne, pour un temps plus ou moins long, l’État ou «&amp;nbsp;l'Europe&amp;nbsp;». J'insiste sur la formule de «&amp;nbsp;&lt;strong&gt;juste gestion&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;» qui va plus loin que celle de saine gestion car elle rappelle que, pour faire accepter et pratiquer par tous une bonne gestion, encore faut-il qu'elle soit, socialement, juste et équilibrée, équitable. Cela implique de remettre les féodalités économiques et financières, aujourd'hui dominantes, à leur place qui ne doit pas être la première ni au-dessus des États légitimes. Si la République ne veut pas le faire, il faudra bien passer à autre chose, en écartant tout extrémisme et tout angélisme...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;Cet «&amp;nbsp;autre chose&amp;nbsp;» pourrait bien, tout compte fait et toute histoire connue, prendre la forme de &lt;strong&gt;la Monarchie «&amp;nbsp;traditionnelle dans son principe, moderne dans ses institutions&amp;nbsp;»&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;: mais celle-ci devra, pour s'enraciner dans le pays et le temps long, être, d'abord et encore, &lt;strong&gt;éminemment politique et sociale&lt;/strong&gt;, et inscrire dans sa pratique que «&amp;nbsp;&lt;strong&gt;la politique de la France ne se fait pas à la Corbeille&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;». C'était et cela reste tout le sens de la formule avancée par le royaliste social Firmin Bacconnier&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;strong&gt;la Monarchie sera populaire, ou elle ne sera pas&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;», tout simplement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: Verdana;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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